Partis

Vous trouverez ci-dessous un panorama général et inévitablement sommaire des forces en présence lors des prochaines élections et des principaux enjeux pour chaque mouvement, petits et grands.

UMP

1. Qu’est-ce que l’UMP ?

UMP_logoL’Union pour un Mouvement Populaire est  le principal parti politique français de droite. Il a été créé en 2000 pour soutenir la candidature de Jacques Chirac à la présidentielle de 2002. Il est regroupement du RPR (Rassemblement Pour la République) et de Démocratie Libérale, rejoints en 2002 par deux tiers des députés de l’Union pour la Démocratie Française (UDF)

L’UMP a donc vu deux candidats élus à la présidence de la République depuis sa création : Jacques Chirac en 2002 avec 82,21 % des voix face à Jean-Marie Le Pen et Nicolas Sarkozy en 2007 avec 53,06 % des voix face à Ségolène Royal.

L’UMP annonce qu’il regroupe 324 945 adhérents à jour de cotisation au 18 novembre 2012.

2. Quels ont été les résultats de l’UMP lors des municipales de 2008 ?

Lors des municipales de 2008, l’UMP a concédé des résultats difficiles confirmant une certaine assise locale du PS. Ces élections sont apparues comme des élections locales venant sanctionner le pouvoir central en place, un an après l’élection de Nicolas Sarkozy.

L’UMP conserve des villes du sud (Marseille, Nice, Perpignan, Aix en Provence)

Pour autant, cette élection difficile est la première de la série de défaites que connaîtra la majorité élue en 2007 à chacune des élections intermédiaires et in fine lors de l’élection présidentielle de 2012.

3. A quels enjeux les élus UMP seront-ils confrontés lors des élections municipales de 2014 ?

  • La baisse de popularité du gouvernement et du Président de la République pourrait entraîner un vote sanction dont pourrait jouir le principal parti d’opposition.
  • Le thème de la campagne pour l’UMP est dores est déjà la « reconquête », les partis de droite ayant disposé pendant longtemps du pouvoir central, ont concédés des défaites aux élections locales depuis 1986. Une situation qui pourrait se renverser suite à la prise du pouvoir central par le PS.
  • L’un des enjeux pour l’UMP sera son attitude vis-à-vis du FN. Le Parti semble diviser entre une aile centriste et une aile plus à droite, avec la montée des scores du FN au niveau local, certains candidats passeront-ils le pas de l’alliance ? Jean-Marie Le Pen a déjà indiqué qu’il était favorable à une alliance UMP/FN à Marseille. De même, le jeu des alliances avec l’UDI, le nouveau parti du centre que beaucoup de cadres de l’UMP ont rejoint est un enjeu pour l’UMP.
  • L’enjeu de la visibilité du parti est important pour l’UMP dans ces élections. L’image du parti et de ses dirigeants a pâti de l’élection du président du parti en 2012, les deux candidats Jean-François Copé et François Fillon ayant mené une lutte fratricide pendant près d’un mois.

4. Quels sont, aujourd’hui, les personnages-clefs de l’UMP ?

  • Le président de l’UMP est Jean-François Copé mais son élection en Novemmbre 2012 est fortement contestée et un accord avec François Fillon a été conclu pour qu’une nouvelle élection ait lieu en 2013.
  • Les groupes UMP au Parlement sont présidés par Jean-Claude Gaudin (Sénat) et Christian Jacob (Assemblé Nationale)
  • Certains parlementaires charismatiques sont des figures importantes de l’UMP : Nathalie Kosciusko-Morizet (NKM), Laurent WauquiezLuc ChatelBruno Le Maire.
  • On compte également des maires charismatiques tels que :
    • Alain Juppé (Bordeaux)
    • Jean-Claude Gaudin (Marseille)
    • Christian Estrosi (Nice)
    • François Baroin (Troyes)

5. Comment se répartissent les élus de l’UMP au Parlement ?

Assemblée Nationale : 186 députés membres du Groupe UMP sur 577.

Sénat : 130 sénateurs sur 348.

PS

1. Qu’est-ce que le PS ?

PS_logoLe Parti Socialiste est le principal parti politique français de gauche. Il est issu de la SFIO (Section Française de l’Internationale Ouvrière), créée en 1905, et porte le nom de Parti Socialiste depuis 1969.

Les élections présidentielles de 2012 ont porté au pouvoir le candidat du Parti Socialiste, François Hollande, qui a récolté 51,64% des voix face au président sortant, Nicolas Sarkozy. Ce succès a été confirmé lors des élections législatives de juin 2012 : 278 membres du Parti Socialiste siègent à l’Assemblée Nationale.

En 2012, le PS est le plus important en nombre d’élus et le deuxième en nombre d’adhérents (203 000 en 2009).

2. Quels ont été les résultats du PS lors des municipales de 2008 ?

  • Lors des municipales de 2008, le PS a confirmé son assise dès le premier tour dans plusieurs grandes villes, dont Lyon, Nantes ou Dijon.
  • Il a également conquis dès le premier tour des villes jusqu’alors dirigées par la droite, telles que Rouen ou Alençon. Au deuxième tour Strasbourg, Reims, Metz ou encore Toulouse ont basculé à gauche en élisant un maire PS.
  • Le Parti Socialiste obtient à lui seul 10 461 sièges de conseiller municipal sur un total de 88 298.

3. A quels enjeux les élus PS seront-ils confrontés lors des élections municipales de 2014 ?

  • Les maires PS risquent de pâtir d’une baisse de popularité du gouvernement et du Président de la République et de subir un vote sanction déconnecté des problématiques locales.
  • Le jeu d’alliance au niveau local avec Europe Ecologie Les Verts ou avec les petits partis de gauche est mis à mal par des dissidences entre ces partis au niveau national.
  • Dans plusieurs villes, le PS devra faire face à une opposition active de la part du Front National. Ce sera le cas à Beauvais ou à Boulogne-sur-Mer par exemple.
  • La loi sur le cumul des mandats, qui devrait être votée avant les municipales de 2014, obligera les élus et candidats à choisir entre mandat local et mandat national.

4. Quels sont, aujourd’hui, les personnages-clefs du PS ?

  • Le premier secrétaire du Parti Socialiste est Harlem Désir.
  • Les membres du gouvernement, à l’exception de cinq d’entre eux, appartient au PS.
  • Les groupes PS au Parlement sont présidés par François Rebsamen (Sénat) et Bruno Le Roux (Assemblé Nationale).
  • On compte également des maires de grandes villes tels que :
    • Bertrand Delanoë (Paris)
    • Gérard Collomb (Lyon)
    • Pierre Cohen (Toulouse)
    • Roland Ries (sénateur du Bas-Rhin, Strasbourg)
    • François Rebsamen (Dijon)
    • Michel Delebarre (sénateur du Nord, Dunkerque)

5. Comment se répartissent les élus du Parti socialiste au Parlement ?

  • Assemblée Nationale : 278 députés sur 577
  • Sénat : 128 sénateurs sur 348

Petits partis

1. La fin de l’ancrage local de l’extrême gauche ?

Grâce à des accords électoraux entre le PS et l’extrême gauche à l’occasion des municipales précédentes, le Front de Gauche (alliance depuis 2009 du Parti de Gauche et du Parti Communiste Français) bénéficie encore aujourd’hui de nombreux élus locaux.

Ces accords pourraient néanmoins être remis en question en 2014, dès lors que le Front de Gauche continue à se positionner comme un parti d’opposition depuis les présidentielles de 2012. Au Sénat, le groupe communiste a voté à plusieurs reprises contre des textes du gouvernement, privant ainsi le PS d’une majorité solide dans la chambre haute. De même, les prises de position de Jean-Luc Mélenchon s’inscrivent dans une logique d’opposition frontale au gouvernement de Jean-Marc Ayrault.

Ce positionnement fragilise donc les alliances à gauche et pourrait causer la perte de certaines villes pour des élus communistes ou encore diviser les voix de la gauche au premier tour.

Le Front de Gauche cherche le bon positionnement local face à un parti qu’il dénonce au niveau national. De leur côté, certains candidats socialistes se sont déclarés face à un maire PC, à Saint-Denis par exemple.

2. Une division des voix de la gauche du fait de candidatures d’EELV ?

Des candidats d’Europe Ecologie Les Verts (EELV, regroupement d’Europe Ecologie et du parti Les Verts) pourraient également disperser les voix de la gauche. Même si deux ministres du gouvernement sont membres d’Europe Ecologie les Verts (Cécile Duflot au Logement et Pascal Canfin, ministre délégué au Développement auprès du ministre des affaires étrangères) le parti estime que ceux-ci sont marginalisés et que l’accord gouvernemental signé avant le second tour des élections présidentielles de 2012 entre le PS et EELV n’a pas été entièrement respecté par le gouvernement.

EELV entend donc présenter des candidats dans de nombreuses villes au premier tour.

3. La montée du FN confirmée au niveau local ?

Le score de Marine Le Pen aux dernières présidentielles et le bon score du FN aux dernières élections cantonales (le FN totalise une moyenne nationale de 15,18 % des voix à seulement 2 points de l’UMP qui a atteint 17,07 %) laisse entrevoir un vote FN potentiellement massif aux municipales de 2014.

D’après une étude Ifop, le FN serait en mesure de gagner près de 80 villes de plus de 4000 habitants (parmi lesquelles Sainte-Marie de la Mer, Tarascon, Hénin-Beaumont, Carcassonne, Menton, Aigues-Mortes, Cogolin, Fréjus, Sainte-Maxime, Carpentras) et gagner ainsi en légitimité politique. A l’heure actuelle, la légitimité du parti réside principalement sur la visibilité nationale de ses leaders, l’implantation locale de celui-ci étant quasi nulle. Une conquête de municipalités par le FN serait un pas de plus dans la stratégie de « normalisation » du parti engagé depuis l’arrivée de Marine Le Pen à la tête du parti.

Les élus et candidats UMP devront nécessairement se positionner face à cette nouvelle donne : nombreux sont les territoires où le FN a réalisé de meilleurs scores que l’UMP aux élections locales. Les risques de triangulaires souvent favorables à la gauche sont donc élevés.

Or, le sujet ne fait pas consensus au sein de l’UMP. La campagne de deuxième tour de Nicolas Sarkozy, largement tourné vers l’électorat FN, a suscité des crispations au sein de l’UMP, crispations encore illustrées par le duel Copé/Fillon à l’occasion de l’élection du président du mouvement. L’aile centriste et l’aile droite du parti pourraient donc s’opposer sur le choix des alliances, avec cette fois un nombre d’élus locaux très important et une logique partisane moins importante. Des alliances locales entre FN et UMP poseraient de nouveau la question de la ligne politique des deux mouvements. Pour le moment, Jean-Marie Le Pen s’est déclaré favorable à une alliance FN/UMP à Marseille.

4. Quelle place pour le centre ?

La place du centre dans le paysage politique français reste encore à déterminer. François Bayrou avait à titre personnel appelé à voter François Hollande au second tour des élections présidentielles de 2012. Depuis le Modem peine à retrouver une visibilité dans le débat politique. Par ailleurs, la stratégie à mettre en place pour tenter d’exister à nouveau et conserver quelques élus n’a pas encore été clairement définie.

L’autre question pour le centre est celle de la place du nouveau parti de centre droit : l’UDI (Union des Démocrates et Indépendants). Le parti politique de Jean-Louis Borloo créé en 2012 a vu son nombre d’adhérents augmenter fortement après les tensions à l’UMP pour l’élection de son président. Même si Jean-Louis Borloo a indiqué qu’il n’était pas dans une logique d’opposition à l’UMP, cette première élection sera pour le parti l’occasion de tester ses idées et son potentiel électoral face à une droite divisée. Corinne Lepage a également lancé son mouvement, le Rassemblement Citoyen, plus positionné au centre-gauche et qui cible les petites villes et les villes moyennes. Elle avoue pouvoir passer des alliances avec le Modem mais exclu toute alliance avec l’UMP.

L’UDI pourrait créer la surprise en attirant l’aile centriste des électeurs de l’UMP potentiellement déçue par la division et le manque de ligne politique claire à droite.