AccueilRégionales 2015Quelle importance accorder à Internet dans le cadre d’une campagne politique ? (2/3)

Quelle importance accorder à Internet dans le cadre d’une campagne politique ? (2/3)

Paru le 3 janvier 2014 | Publié dans Régionales 2015

A l’heure à laquelle les politiques investissent de plus en plus Internet, notamment à l’occasion des campagnes municipales, il n’est pas inutile de s’interroger sur l’influence réelle des outils numériques sur les électeurs.

En 2010, dans un article intitulé « le flop des sites politiques », Franck Gintrand soulignait la faible fréquentation des sites et blogs militants. Une enquête réalisée à 15 jours des présidentielles de 2012 par le CSA pour l’Observatoire Orange-Terrafemina confirme cette tendance et vient relativiser l’impact d’Internet au cours d’une campagne.

Retrouvez une série de trois billets préparés par le Département Elections de Global Conseil Corporate, pour trois enseignements à garder en tête au moment de débuter une web-campagne.

Premier enseignement : sur Internet, les sites politiques restent très peu fréquentés au regard des grands portails d’information

 

Deuxième enseignement : Les expériences de réseaux participatifs dédiés à des partis se sont avérées peu concluantes.

 

  • Voulant suivre l’exemple de la campagne numérique d’Obama en 2008, le PS et l’UMP ont investi des sommes considérables dans la création de réseaux participatifs dédiés.
  • L’UMP avait retenu une logique participative avec les « Créateurs de possibles » là où le PS misait avant tout sur l’aspect mobilisateur de sa « Coopol ».
  • Au début de l’année 2011, l’expérience rendait un premier verdict. Avec seulement 16 000 inscrits et des contributions assez pauvres, le site de l’UMP  s’est avéré un échec cuisant. Depuis, le site a été fermé.
  • En janvier 2011, le PS revendiquait 34 000 membres sur la Coopol. Le site existe toujours aujourd’hui, mais ne semble pas générer une forte activité militante.
  • Ces échecs relatifs ont conduit les partis à déplacer leur attention sur les réseaux sociaux “classiques”, au premier rang desquels figure Facebook. Pour rappel, Dans une enquête de 2011 sur l’audience des réseaux sociaux, l’Ifop estimait à 49% la part de la population française inscrite sur Facebook.

 

L’analyse du Département Elections de Global Conseil :

Avec Internet, les partis politiques ont cru à tort pouvoir aller chercher de nouveaux utilisateurs pour les amener vers leurs réseaux sociaux : des interfaces closes, fonctionnant en circuit fermé et exclusivement dédiées à la politique. Sur Internet comme dans la réalité, seuls les citoyens les plus engagés sont prêts à consacrer leur temps et leur énergie à la politique.

A travers ces sites, « créateurs de possibles » et « coopol », partis et hommes politiques ont proposé aux citoyens de devenir des militants. Or, l’immense majorité des internautes ne souhaite pas qu’on lui dise où et quand s’exprimer. Par ailleurs, les internautes sont partisans du moindre effort, ils ne souhaitent pas multiplier les profils, les mots de passe et les lieux d’expression à travers plusieurs réseaux sociaux. C’est à partir d’un compte utilisé au quotidien qu’un internaute choisira ou pas de participer au débat et c’est la raison pour laquelle les politiques se sont largement rabattus sur Twitter et Facebook pour interagir avec le public le plus large possible.