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A qui appartient la marque «Front de gauche» ?

Paru le 19 octobre 2013 | Publié dans Régionales 2015

Que deviennent le nom et le logo si le Parti de gauche et le PCF font liste à part aux municipales ?

La question n’a pas encore été mise sur la table mais pourrait se poser dans les prochaines réunions de coordination du Front de gauche: que deviennent le nom et le logo «Front de gauche» aux élections municipales dans les villes où le Parti communiste choisirait de partir dès le 1er tour avec le Parti socialiste? En principe, les formations alliées sous la bannière depuis les européennes de 2009 ont un accord: aucun parti ne peut utiliser le nom ou le logo si les neuf forces qui composent le Front de gauche ne partent pas ensemble. «On souhaite avoir une charte où chacun s’engage à respecter cet accord», dit Eric Coquerel au Parti de gauche (PG). Au PCF, on partage la règle même si on s’attend à quelques difficultés locales, à Toulouse notamment

DÉPOSÉ PAR UN PROCHE DE MÉLENCHON

Dans le parti de Jean-Luc Mélenchon, pas question d’ouvrir un front supplémentaire avec le PCF. Pourtant, ses dirigeants auraient tout à fait le droit d’utiliser l’appellation «Front de gauche» sur leurs affiches et tracts de campagne. Le nom et le logo appartiennent à l’un des leurs: Gabriel Amard. Très proche de Mélenchon — il est un de ses plus fidèles depuis ses premières années au Parti socialiste et partage la vie de sa fille — , ce membre de la direction du PG, reconnu pour ses engagements en faveur des régies publiques de l’eau, les a déposés en juillet 2009 auprès de l’Institut national de la propriété intellectuelle (Inpi), quelques semaines après les élections européennes. Dans la foulée, le PCF s’est assuré en mars 2010 de la paternité du nom «Front populaire de gauche».

Mais Amard n’en est pas resté là. Il a pris soin le 4 avril dernier de protéger de nouveau la marque «Front de gauche» et le logo choisi pour la présidentielle – un liseré jaune sous le nom à la place d’une étoile. De l’art d’être prévoyant avant d’entrer dans les secousses pré-municipales que le Front de gauche connaît aujourd’hui ? «C’était une simple régularisation, répond-t-il. Tout le monde au sein du Front de gauche avait le loisir de le faire.» Comme Coquerel, il jure que le nom et le logo ne seront pas utilisés si les forces de Front de gauche ne partent pas ensemble en mars prochain.

«NOTRE LOGO, C’EST MÉLENCHON»

«De toute façon, conclut Amard, notre meilleur logo, c’est celui qui a fait 4 millions de voix à la présidentielle, c’est Jean-Luc Mélenchon». A Paris, la candidate du PG, Danielle Simonnet, est déjà passée à la pratique: sur son site Internet, la photo et le nom du député européen sont déjà bien présents«On est contre l’utilisation du logo Front de gauche si les communistes vont avec le PS et nous nous interdisons de l’utiliser si toutes les composantes ne sont pas réunies, assure-t-elle. Le Front de gauche continuera sous une autre forme.»

«UN FRONT D’UN TYPE NOUVEAU» ?

De là à abandonner complètement la formule actuelle ? Sur son blog, Jean-Luc Mélenchon en a remis un coup dans la tension entre alliés de la gauche radicale:«Que devient alors le « Front de Gauche » si une partie de l’une de ses composantes préfère l’alliance avec les socialistes? interroge-t-il en évoquant le cas parisien C’est la question que nous sommes en train d’étudier.» Pour lui, «un Front d’un type nouveau sera présent : certains communistes l’auront quitté, pas tous, loin de là, d’autres composantes l’auront rejoint peut-être. Mais plus rien ne sera comme avant.»

Le PG penserait-il à une nouvelle organisation avec un nouveau nom et un nouveau logo? «Non, répond Coquerel. Mais il faut rappeler une chose: le Front de gauche n’est pas juste une étiquette, c’est une stratégie d’autonomie au premier tour des élections». Et pour Simonnet, les communistes qui partirait avec le PS «choisiraient d’en sortir». On frôle l’ultimatum…

Lilian ALEMAGNA – Libération – 24/09/13